De moi à vous

Du nouveau…

L’article que je vous avais promis, l’article que vous me demandez le plus : « tu en es où ? »… alors quoi de mieux qu’un début d’année pour vous parler de tout, à coeur ouvert encore une fois, parce qu’il n’y a qu’ici que je me sens si libre de mettre mes mots sur mes pensées. Surement parce que je n’ai eu à présent que des retours positifs de votre part, et sûrement aussi parce que je m’adresse à beaucoup moins de personnes que sur Instagram.

Pour commencer ce long pavé, j’avais envie de vous faire part d’une giga méga bonne nouvelle qui m’est tombée dessus à la fin du mois décembre, le lendemain de Noël même. Une nouvelle qui annonce une année de folie. Je ne vais pas passer par quatre chemins, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps… J’AI GAGNE UN VOYAGE ! Un voyage pour 4 personnes. Je vous en dirai plus quand j’en saurai plus mais je n’aurais jamais cru pouvoir gagner quelque chose d’aussi beau une seule fois dans ma vie. Surtout que j’ai gagné sur un réseau social que j’ai gardé totalement privé, Facebook, donc rien à voir avec le Instagame ! Je suis beaucoup trop heureuse et excitée à l’idée de partir dans ce pays (que je garde encore secret) avec Martin, Marianne (une de mes meilleures amies) et son chéri. Je ne reviens pas de la chance qu’on a eue. J’ai hâte de partager ça avec vous…

Mais pour le moment, venons-en aux sujets principaux.

UNE NOUVELLE PAGE

L’année 2018 vient de se terminer, et comme tout le monde, j’ai fait le bilan de ces 365 jours, 365 nuits. Une année pleine de rebondissements qui a démarré par un big changement : mon déménagement en début d’année sur Montpellier, et beaucoup de choses plus personnelles que je préfère laisser au passé. Aujourd’hui, vous savez déjà ce que vous avez à savoir de moi : je suis heureuse et amoureuse, et ma relation a fait partie des péripéties de 2018, mais ça ne concerne que nous. Ce que je peux vous dire par contre, c’est que nous avons pris la décision d’acheter un appartement ensemble. Je ne sais pas si je fais bien d’en parler si tôt, sachant que les démarches ont commencé il y a un mois à peine, mais nous avons déjà trouvé l’appartement, un petit nid douillet dans lequel nous nous imaginons très bien. Il reste encore plein d’étapes avant de pouvoir dire que nous sommes propriétaires, mais c’est en bonne voie. En tout cas je l’espère, parce que cette nouvelle étape de vie m’enchante vraiment. J’ai hâte de pouvoir enfin être chez nous, dans un appartement qu’on aura choisi à deux, qu’on aura meublé et mis à notre goût. Si tout se passe bien, on y sera d’ici deux mois. Je croise tous mes doigts pour que tout se passe au mieux ! L’appartement dans lequel nous sommes actuellement me sort par les yeux. Je l’ai pris dans la hâte pour pouvoir revenir sur Montpellier au plus vite, et même s’il présente beaucoup d’avantages (lumineux, neuf, cuisine équipée), je n’aime pas vraiment le quartier (Port Marianne pour les Montpelliérains) et surtout, je sature du bruit permanent des travaux que l’on a en face de chez nous… Prions pour que les choses avancent vite…


BYE BYE LE COMPLEXE

Le deuxième sujet dont je vous avais parlé il y a quelques mois ici, c’est mon envie/besoin de subir une intervention de chirurgie esthétique. Je vous laisser aller lire l’article pour voir de quoi il s’agit réellement. Puisque je reçois très souvent des questions à ce sujet, je me suis dit qu’il fallait que je vous tienne au courant de ma démarche. Et bien, je peux enfin le dire : je me fais opérer cette année. J’ai trouvé mon chirurgien, un docteur qui est très à l’écoute, qui m’a laissé le temps de réfléchir suite à une hésitation de ma part entre deux types d’opération… je me sens réellement en confiance et je suis plus que jamais sûre de mon choix. Je n’ai pas peur du tout, j’ai seulement hâte d’enfin sauter le pas. Enfin être moi.
Je pense que je vais m’arrêter ici quant à ce sujet assez délicat. Si certaines d’entre vous sont intéressées par les détails ou ont des questions à me poser, n’hésitez pas, par mail, message privé… J’y répondrai avec plaisir parce que je sais à quel point c’est rassurant d’être aiguillée et de lire des témoignages de filles « comme nous ».


MA PLUS GRANDE DECISION, MA PLUS GRANDE PEUR

Enfin, le sujet duquel je parle le plus sur Instagram. Et là, on entre dans la partie la plus compliquée à traiter. Si ma vie personnelle est au beau fixe, on ne peut pas en dire autant de ma vie professionnelle. Vous l’avez probablement remarqué sur Instagram (bien que j’essaie de moins râler), mes journées au travail me pèsent de plus en plus. D’abord, il y a les trajets que je trouve de plus en plus longs, de plus en plus fatigants. La veille, quand je mets le réveil à 5h45 ou 6h10 (ça dépend du train que je prends), j’ai l’impression de subir ma vie. Et le matin, quand je me lève n’en parlons pas. Une fois arrivée à l’école, c’est pire, et je compte les heures, les minutes, les secondes, avant de pouvoir rentrer chez moi, deux heures après la fin des cours… Je réfléchis beaucoup, de plus en plus, j’analyse, je me pose des questions, et une conclusion est arrivée très vite : j’ai fait cinq années d’études supérieures, j’ai passé un concours relativement difficile à obtenir, pour en être réduite à travailler à presque deux heures de trajet de chez moi ? Pour en être réduite à passer deux, trois, quatre, cinq ans (voire plus) à travailler loin de chez moi ? A me fatiguer dans les transports ? Vous me direz « tu n’avais qu’à rester à Béziers, tu devrais déménager ». Non, non, je suis désolée, mais vivre à Béziers n’est pas une option. Continuer d’enseigner dans les conditions actuelles n’est pas une option. Accepter les pressions que l’on subit en temps normal dans le secteur privé n’est pas une option. Bousiller ma vie personnelle pour ce métier qui ne me passionne pas n’est pas une option. Je sais qu’il est difficile de concevoir que l’on puisse « cracher » sur ce « si beau métier » (plein d’avantages aux yeux des gens). Mais sachez une chose, je ne dénigre pas ce métier. J’adore l’enseignement. Ce qui ne me correspond pas, c’est le système. Et je m’arrêterai là. Les raisons me sont propres et les connaître ne vous avancerait à rien. J’ai eu tellement de retours positifs de votre part depuis que j’ose partager mon envie de tout lâcher. Et surtout, tellement de témoignages de filles comme moi qui vivent la même chose, dans l’enseignement, ou même ailleurs.
J’ai compris une chose, après ces longs mois à subir mes journées de travail, après ces longues nuits à réfléchir à mon avenir : je n’ai que 25 ans, et j’ai toute la vie devant moi. Je refuse de ne pas être heureuse. Je refuse de me laisser guider par des choix du passé. Mais : j’ai 25 ans, un Bac +5, un concours national, et je me suis trompée de voie. Qu’est-ce que c’est difficile à admettre, PUTAIN. J’ai eu du mal à le réaliser. Déjà l’an dernier, je le sentais. Je le savais, mais je ne l’acceptais pas. « Non, tu ne peux pas t’être trompée. Toi, toi qui as passé les 80% de ta scolarité en étant première de la classe, toi qui as eu le bac avec mention bien, toi qui a eu le concours du premier coup, toi à qui tout a toujours réussi de ce côté-là de la vie. Oui mais aussi toi qui as décidé après le bac d’entamer un DUT biologie et qui là aussi, as fait une erreur. Toi qui as décidé de faire une licence d’anglais simplement parce que tu aimais ça. Toi qui as ensuite choisi ce master Métiers de l’Enseignement sans en avoir rêvé. Toi, toi à qui tout réussissait… ».

C’est difficile à admettre, mais quand on l’admet… Aujourd’hui, beaucoup de flou, beaucoup d’incertitudes, mais un seul souhait : arrêter. Et là, la question fatidique : « mais comment je peux faire ? Je démissionne ? Je vis de quoi ? ». Je me suis longtemps répété que l’avantage du métier était la sécurité de l’emploi, la sécurité pendant 40 ans. La certitude de toucher de l’argent tous les mois, toute sa vie. Un concours, et tu es à l’abris. Ahhhh, les illusions. Aujourd’hui, je suis face au mur. J’ai 25 ans, un Bac +5, un concours national, je travaille depuis 4 ans, mais si demain, je veux tout arrêter pour me tourner vers autre chose, je n’ai droit à aucune aide ou presque (si je ne m’abuse). Que notre société est bien faite… Pas le droit à l’erreur, pas le droit à l’essai. J’ai mal au ventre en vous écrivant ça. Je n’avais jamais imaginé me retrouver face à ce genre de questions. Tout était censé aller dans le bon sens, tout était censé se passer bien. Et aujourd’hui, je me retrouve perdue, désemparée. Les sentiments se mélangent et tout est chamboulé. Je suis à la fois heureuse d’envisager un autre futur, un futur qui me correspondrait, des projets professionnels proches de mes passions, de mes envies, et à la fois sonnée par tous ces choix à faire.

En parlant de choix, j’ai réussi à en faire un : demander une disponibilité pour l’année prochaine. Une disponibilité, ça veut dire que je reste professeur, mais pendant un an, je ne travaille pas (et je ne suis donc pas payée). Par contre, je peux demander à retravailler dès l’année d’après. Pour l’instant, j’attends la décision finale (qui devrait arriver courant mars je pense). Je sais que j’ai raison de le faire, j’ai raison de prendre (au moins) cette année off pour moi, pour réfléchir, me poser les bonnes questions et prendre les bonnes décisions. Mais là encore, des doutes, des peurs. La peur de ne pas réussir à payer mes factures à chaque fin de mois, la peur (et en même temps l’envie) de me rendre compte que ce métier (dans le système tel qu’il est) n’est réellement pas fait pour moi et que ma vie est ailleurs, l’angoisse de ne pas savoir où est cet « ailleurs ». Reprendre des études ? Me donner à fond dans Instagram, cette petite bulle de bonheur qui me passionne chaque jour davantage ? Donner des cours particuliers ?… J’ai mille idées, mille envies, et mille peurs à la fois. Mais après tout, je crois que c’est ça la vie. J’ai 25 ans, un Bac +5, un concours national, et je découvre la vraie vie. Un bon coup de pied au cul, mais je crois que ça fait du bien.


J’espère ne pas avoir été trop longue. Je ne pensais pas écrire cet article ce soir mais j’avais besoin de parler. Martin a repris le travail ce soir, première soirée toute seule depuis plus de trois semaines. J’ai passé la journée à Montpellier, en traînant dans les rues, en réfléchissant à tout ça. Et ça fait du bien d’écrire ces lignes, de vous parler comme je parle à mes copines… oui, c’est ça, ça fait du bien. Et cette année, j’ai décidé de faire en sorte d’être heureuse. Et vous parler en fait partie.

Love,

 

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6 Comments

  • Manon.U

    Quel plaisir de te lire. Tout d’abord je te souhaite tout le bonheur du monde avec ton chéri pour votre nouveau projet! C’est génial !
    Ensuite, en lisant ton récit sur le boulot qui te mine je me reconnais si bien… J’ai 23ans et j’ai eu le CAPES l’année dernière. Me voilà professeur de français. Toujours dans les premières de ma classe, toujours passionnée par les études je me suis perdue un an après ma licence dans un master de littérature jeunesse. Mes parents m’ont alors conseillé de passer le concours de prof et me voilà maintenant.. J’ai bcp de mal à m’epanouir dans ce métier difficile, épuisant. La préparation des cours si longues, le peu d’intérêt des élèves pour la matière… Et surtout le fait que je vais devoir quitter ma région (Lille) car je n’ai pas assez de points pour y rester… Je vais devoir quitter ma famille, mon chéri pour un métier qui ne me passionne pas. Cinq ans d’étude pour être mutée loin des gens que j’aime, pour n’être qu’un numéro dans une machine qui va décider de ma vie. Quelle déception.
    J’espere que mon image du métier va changer, que je vais réussir à l’aimer. Et dans le cas contraire j’aimerais avec ton courage. Car oui, c’est difficile de fuir un métier pour lequel on a tout sacrifié à cause de son concours si difficile et de son master en plus.
    Voilà, désolée pour ce roman mais ton article m’a fait du bien car je me sens moins seule! Courage à nous et plein de bisous à toi pour cette nouvelle année qui t’attend, pleine de surprises et de bonheur, je te le souhaite!

    • jesscapes

      Merci beaucoup pour ton commentaire Manon c’est juste adorable !
      J’espère de tout coeur pour toi aussi que les choses puissent changer, que ton mal-être disparaitra. Il suffit juste de s’écouter, d’analyser ses sensations, et de peser le pour et le contre. J’ai décidé depuis quelques temps de me faire passer moi avant le reste et bien crois moi… beaucoup de changements! Je pense qu’il ne faut pas regretter les années d’études difficiles, le concours difficile… ça nous a permis de grandir, de voir de quoi on a été capable. Même si je lâche ce métier, ce sera toujours une fierté pour moi d’avoir obtenu ce concours du premier coup, d’avoir enseigné à des enfants pendant 3 ans (ou plus si je n’ai pas ma dispo)… On a la chance d’avoir fait ce métier quelques temps… Mais le meilleur reste à venir j’en suis persuadée depuis que j’ai compris que je n’avais pas ma place dans ce milieu. Je te souhaite de faire le vide et de te consacrer sur toi-même, sur ton ressenti, tes envies! Crois-en toi!
      Belle journée 🙂

  • Marine

    Je me retrouve tellement dans tes mots … j’ai eu mon concours d’atsem cela fait à peine un an que j’exerce ce métier et je suis à bout je vis avec la boule au ventre et l’enerv Sans parler du stress et du moral dans les chaussettes.
    J’ai un niveau bac pro et je veux arrêter et me reconvertir mais comme toi les questions tourbillonnent… surtout que ça serait la troisième fois que je change de voie donc c!3/5 difficile à admettre … mais arrêter l’eco À 15ans pour partir en apprentissage n’était pas la bonne idée mais c’est trop tard et maintenant je veux arrêter et faire mieux et viser plus haut en étant plus épanouie mais je ne veut plus me tromper .
    Je rentre en pleure du boulot je suis épuisé cela ne peut pas durer toute ma vie j’ai que 23 ans … je comprend tellement ce que tu vis

    • jesscapes

      Hello Marine, merci pour ton message!
      Je pense qu’il faut qu’on apprenne à s’écouter aujourd’hui. Je ne l’ai pas assez fait et maintenant que je l’ai compris, crois-moi, beaucoup de choses vont changer. Ce n’est pas normal d’aller au travail avec la boule au ventre. J’en viens même à espérer tomber malade…
      Honnêtement, c’est un choix à réfléchir, mais pour moi, c’est déjà tout vu. Tu n’as que 23 ans comme tu le dis si bien. Toute la vie devant toi. Tu sais pertinemment que tu ne feras pas ça toute ta vie, alors pourquoi perdre son temps? Fonce ma belle!

  • ShareSalome

    Hello! Je suis tombée sur ton Instagram et donc sur ton blog il n’y a pas très longtemps. Je viens tout juste de lire cet article et aussi l’article où tu parles de ton envie de te faire opérer. Et mon dieu qu’est-ce que ça fait du bien d’entendre ces mots de la « bouche » de quelqu’un d’autre ! Je déteste également ma poitrine: j’avais pris énormément de poids au collège que j’ai tout perdu d’un coup quelques années plus tard. Ca a eu des conséquences sur ma poitrine et le fait de commencer la pilule n’a rien arrangé. Je suis actuellement étudiante et je n’ai clairement pas les moyens de me payer une opération mais c’est bien la première chose que je compte faire quand j’aurai terminé mes études et obtenu un CDI. Ca fait quelques années que je me renseigne sur Internet, auprès de filles sur Instagram comme tu l’as fait aussi. Je ne sais pas exactement ce que tu comptes changer mais je demandais vers quel type d’opération tu comptes te pencher? D’ailleurs, comment as-tu trouver un bon chirurgien? Je trouve que c’est difficile de se fier aux avis trouvés sur Internet.. Et comment en as-tu parlé à tes proches? Ma mère me répète sans cesse que j’ai de la chance d’avoir « une grosse poitrine » (elle s’est fait opérer il y a des années pour augmenter sa poitrine de 2 bonnets car elle était complexée) mais elle ne se doute pas de ce à quoi ils ressemblent vraiment.. J’ai du mal, à l’heure actuelle, à voir comment je pourrais aborder le sujet avec elle et comment je pourrais lui faire comprendre que je souhaite me faire opérer pour faire tout l’opposer de ce qu’elle elle a fait.
    Beaucoup de questions, désolée aha :p
    En tout cas, je trouve ça vraiment cool que tu en parles sur ton blog. C’est un sujet dont on ne parle encore que trop peu à mon goûts.
    Merci 🙂
    Bonne journée à toi !

    • jesscapes

      Hello,

      merci infiniment pour ton commentaire!
      Très sincèrement, je te souhaite de t’écouter et de foncer dès que tu le pourras si c’est réellement un complexe. Pour ma part, ce sera une mastoplexie (je te laisse chercher pour ne pas trop m’étendre sur le sujet..). J’ai trouvé mon chir grâce à une demande en story sur instagram, 2 noms sont ressortis, j’ai rencontré les deux et j’ai fait mon choix. Mes proches savent depuis longtemps que j’ai ce complexe. Ils ont eu un peu de mal au début, mais ils comprennent aujourd’hui que c’est loin d’être un caprice… On va dire que la génération de nos parents n’est pas tellement ‘pro chirurgie’ mais quand ils comprennent qu’il s’agit d’un réel complexe, d’un réel mal-etre, et que c’est seulement quelque chose qui pourrait t’aider à te sentir mieux dans ton corps, dans ta vie. Je te conseille d’aller au premier rdv avec ta mère. Moi, elle m’a accompagnée sans grande conviction, et en ressortant elle était limite plus emballée que moi ahaha. Il faut juste les rassurer ces petites mamans. Et puis surtout : montre lui ce qui te gène, n’aie pas honte de lui montrer ta poitrine. Elle ne pourra pas nier quand elle verra que NON, ce n’est pas un détail, que NON, vous n’avez pas la même poitrine… Et surtout, la poitrine ce n’est pas un détail dans la vie d’une femme…
      Bonne journée à toi 🙂

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